Guide
Arnaques à la voyance : les reconnaître et réagir
Les six schémas les plus courants, les signaux d'alerte, et les recours officiels avec leurs délais.
La voyance n'est pas une arnaque en soi : c'est un métier exercé honnêtement par beaucoup de gens. Mais c'est un secteur où les personnes appellent souvent au plus mauvais moment de leur vie, et cette vulnérabilité attire des escrocs dont les méthodes sont toujours les mêmes. Les connaître suffit à les rendre inopérantes.
Les six schémas les plus courants
1. Le sort à lever, le désenvoûtement, le « travail » à distance
C'est le schéma classique, et de loin le plus rentable. On vous annonce une malédiction, une lourdeur, un mauvais œil, parfois transmis dans votre famille. Puis on vous propose de le lever : rituel, bougie allumée à votre nom, prière, objet à faire parvenir. Le premier paiement ne suffit jamais — le sort était plus tenace que prévu — et l'escalade peut atteindre des milliers d'euros.
La règle est simple et sans exception : une consultation de voyance n'a rien à vous vendre d'autre qu'elle-même. Dès qu'on vous propose un service supplémentaire censé modifier votre vie, vous n'êtes plus chez un voyant mais chez un escroc.
2. La peur comme technique de vente
Elle précède presque toujours le point précédent. Un danger imminent, un proche qui vous veut du mal, une catastrophe qui approche : on installe l'angoisse, puis on vend la solution. Certains praticiens n'en vendent aucune mais entretiennent l'inquiétude pour que vous rappeliez.
Le test est net : une consultation honnête vous laisse plus clair, pas plus angoissé. Si vous raccrochez avec la peur au ventre, ce n'était pas une consultation.
3. Le faux gratuit
« Voyance 100 % gratuite », « 15 minutes offertes », « sans carte bancaire ». Dans l'immense majorité des cas, la gratuité ne concerne que l'accès : la consultation elle-même passe par un numéro surtaxé facturé sur votre facture de téléphone, ou par des minutes offertes qui exigent d'enregistrer une carte, ou par un formulaire qui récupère votre adresse pour vous relancer pendant des mois.
Un premier échange offert est honnête si le moment où l'on bascule en payant, et son prix, sont annoncés avant. Tout le reste est un habillage. Nous-mêmes avons une ligne surtaxée : son tarif est affiché sur le bandeau officiel, partout où le numéro apparaît, et nous ne l'appelons jamais « gratuite ».
4. Les relances par courrier, SMS ou téléphone
Vous avez consulté une fois, quelque part. Des mois plus tard arrivent des courriers personnalisés annonçant une nouvelle capitale vous concernant, un héritage, une rencontre, un danger — contre une participation modeste, qui appellera la suivante. Les listes de personnes ayant déjà consulté circulent, et les mêmes adresses sont sollicitées pendant des années.
Ne répondez jamais, même pour demander l'arrêt : une réponse confirme que l'adresse est active. Jetez, et signalez si les envois se répètent.
5. Le compteur qui tourne
Pas une escroquerie au sens pénal, mais une pratique coûteuse : un tarif à la minute, une durée illimitée, et un praticien qui a tout intérêt à faire durer. Les questions qui appellent des questions, les longs préambules, l'attente facturée : tout ce qui allonge l'appel rapporte.
À l'inverse, un prix annoncé pour une durée connue aligne les intérêts : celui qui facture au forfait n'a aucune raison de vous faire parler pour rien.
6. Les prélèvements et abonnements déguisés
Une consultation payée une fois se transforme en prélèvement mensuel, ou un montant supérieur à l'annonce apparaît sur le relevé. Vérifiez vos relevés le mois suivant, et votre facture de téléphone si vous avez appelé un numéro surtaxé. Ces écarts sont des faits précis : ils se contestent, et la banque a des obligations.
Ce que vous pouvez faire si c'est déjà arrivé
Deux réflexes d'abord : cessez tout contact, et rassemblez les preuves — relevés bancaires, facture de téléphone, courriers reçus, captures d'écran des échanges, adresse du site. Ensuite, selon votre situation :
Contester un prélèvement auprès de votre banque
C'est la démarche la plus rapide, et souvent la plus efficace. Selon la fiche pratique de la DGCCRF, vous disposez de 8 semaines à compter de la date du prélèvement pour en demander le remboursement à votre banque, y compris lorsqu'un mandat avait été signé mais que le montant est contesté. Au-delà, vous pouvez encore signaler l'opération à votre banque jusqu'à 13 mois après le débit ; passé ce délai, plus aucun remboursement n'est possible. Faites la demande par écrit et conservez une copie.
Pensez aussi à révoquer le mandat de prélèvement auprès de votre banque, sans quoi les prélèvements peuvent reprendre.
Signaler à la répression des fraudes
Le signalement se fait en ligne sur SignalConso (signal.conso.gouv.fr), le service public de la DGCCRF. Il ne vous fera pas récupérer votre argent directement, mais il alimente les contrôles : un professionnel signalé plusieurs fois finit par être visité. C'est utile même quand votre propre perte est faible.
Porter plainte
Si des sommes ont été soutirées par manœuvre frauduleuse, sous la menace d'un sort ou en profitant d'un état de faiblesse, il s'agit de faits pénalement répréhensibles — escroquerie, abus de faiblesse. La plainte se dépose dans n'importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie, ou par lettre au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent. Le signalement à la répression des fraudes ne la remplace pas.
Faire cesser les sollicitations
Les SMS non désirés se signalent au 33700. Pour le démarchage téléphonique, l'inscription sur la liste d'opposition Bloctel reste le recours prévu. Pour les courriers, ne répondez pas et conservez-en quelques-uns : ils constituent une preuve utile en cas de signalement.
Se faire aider
Une association de consommateurs peut vous accompagner dans les démarches et, au besoin, dans une mise en demeure. Si la personne concernée est un proche âgé ou isolé, et que les sommes engagées sont importantes, parlez-en aussi à sa famille et, le cas échéant, au point d'accès au droit le plus proche : l'abus de faiblesse concerne en premier lieu ces situations.
Et si vous doutez avant d'appeler ?
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À savoir avant d'appeler
Vos questions sur les arnaques
Un voyant peut-il vraiment lever une malédiction contre de l'argent ?
Non, et c'est le schéma d'escroquerie le plus répandu du secteur. On vous annonce un sort, une lourdeur, une malédiction familiale, puis on vous vend ce qui la lèvera. Le premier « travail » n'aura pas suffi, il en faudra un second, plus cher. Aucune consultation honnête ne se conclut par la vente d'un remède à un problème qu'elle vient d'inventer.
J'ai reçu un courrier d'un voyant qui annonce un événement me concernant. Que faire ?
Ne répondez pas et n'envoyez rien. Ces courriers, souvent personnalisés avec votre prénom, sont envoyés en masse à des personnes ayant déjà consulté quelque part. Le mécanisme est toujours le même : une nouvelle importante vous attend, mais une participation est nécessaire. Jetez le courrier, et signalez-le sur SignalConso si vous en recevez plusieurs.
Puis-je être remboursé d'une consultation de voyance ?
Une consultation réellement effectuée, avec votre accord et à un prix annoncé, ne se rembourse pas : la prestation a eu lieu. En revanche, un montant débité sans votre accord, un abonnement que vous n'avez pas souscrit ou un prix différent de celui annoncé se contestent auprès de votre banque, dans les délais indiqués plus bas.
Le droit de rétractation de 14 jours s'applique-t-il ?
Il existe pour les contrats conclus à distance, mais il s'éteint pour une prestation de service entièrement exécutée avec votre accord exprès avant la fin du délai — ce qui est le cas d'une consultation que vous avez demandée et obtenue. Il reste utile pour un abonnement souscrit et non consommé. En cas de doute sur votre situation, l'association de consommateurs la plus proche vous renseignera.
Faut-il porter plainte ?
Si vous avez perdu de l'argent par manœuvre frauduleuse — sommes soutirées sous la menace d'un sort, prélèvements répétés, abus de faiblesse — oui : l'escroquerie et l'abus de faiblesse sont des délits. Une plainte peut être déposée dans n'importe quel commissariat ou gendarmerie, ou adressée au procureur de la République. Le signalement à la répression des fraudes ne remplace pas la plainte : les deux sont utiles et complémentaires.
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*Téléphone : 15 € les 10 min, puis coût par min supplémentaire. Le prix exact vous est annoncé par le standardiste avant le début de la consultation, tous les jours de 8 h à 2 h du matin.
**Tchat : 5 messages gratuits à l'inscription. Le prix des messages suivants est affiché par la plateforme de tchat avant tout paiement.
